Apitrak, vainqueur du concours meilleure start up aux 23èmes journées AFIB

Logo ApitrakAFIB : Bonjour Monsieur Lê. Votre société APITRAK a remporté lors des 23 èmes journées d’ingénierie biomédicale de La Rochelle, le concours de la meilleure start-up, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les équipements que vous commercialisez ?

M. LÊ: Bonjour, nous sommes très heureux d’avoir remporté ce concours qui nous offre une excellente opportunité pour expliquer les bénéfices de la géolocalisation à un public très averti.

Apitrak développe et commercialise des solutions de géolocalisation complètes : du capteur au logiciel utilisateur, nous maîtrisons toute la chaîne de valeur.

Au niveau du capteur, (appelé tag, tracker ou balise), nous avons plusieurs solutions : wifi, bluetooth, GPS, Sigfox…, nous conseillons à nos clients la technologie la mieux adaptée à leur utilisation actuelle et future.

Ensuite, nous avons toute une couche au niveau des serveurs de données et des machines de calcul. Invisible par l’utilisateur, cette couche est essentielle pour la performance et la maintenance de la solution.

Enfin, nous développons des applicatifs avec nos clients : Apitrak Explorer® pour la géolocalisation en temps réel, Apitrak Stock Manager® pour la gestion de dépôts et Apitrak Reports® pour l’analyse de données.

AFIB : Quels sont vos principaux clients, et quelles sont les principales applications de la géolocalisation

M. LÊ : Nos principaux clients sont les hôpitaux, les cliniques et les fabricants de matériel médical. Nous travaillons actuellement avec une douzaine de clients, dont l’Institut Curie, Vivalto Santé, le CH d’Annecy, le CH de Montélimar et le CHU de Grenoble.

Pour ces clients, nous avons constaté trois principales utilisations.

D’une part la géolocalisation en temps réel, pour retrouver rapidement un appareil. Dans ce cas, il s’agit d’aider les soignants (ex. cadre des urgences à la recherche de brancards) et les ingénieurs biomédicaux (ex. recherche d’un appareil pour maintenance).

Ensuite, les clients sont très demandeurs de données : flux et utilisation du matériel. Nous fournissons alors des rapports qui permettent de mieux préparer les campagnes d’achats.

Enfin, il y a la géolocalisation de produits sensibles, tant pour lutter contre le vol (échographes, endoscopes), que pour suivre des poches de sang ou de chimiothérapie.

AFIB : Que coûte en moyenne un projet de géolocalisation, et quels sont les principaux retours sur investissement que nous pouvons en attendre ?

M. LÊ: Il est très difficile de donner un coût moyen de projet car les périmètres sont très variables : géolocaliser 10 colonnes vidéo dans un bloc n’a rien à voir avec un projet de 3 000 pompes à perfusion dans un CHU de 200 000m2.

Le retour sur investissement le plus concret est la diminution des achats : entre le matériel sous-utilisé et le matériel qui pourrait être mutualisé entre les services, le gain est de l’ordre de 30% des immobilisations. Deux cas concrets. Un client a constaté que 3 pousse-seringues n’ont pas quitté leur local de stockage en 6 mois … sur seulement 15 appareils suivis, ce qui laisse la place à une belle économie. Un autre client a réussi à mutualiser l’achat de bladderscans entre plusieurs services … notre solution a eu un retour sur investissement immédiat.

Les économies réalisées sur les gains de temps sont moins facilement perceptibles, mais méritent d’être soulignées : en moyenne, le temps perdu s’élève à 30 minutes par jour et par infirmière.

AFIB : On entend parler de différents types de technologie de communication entre les boitiers positionnés sur les équipements à géolocaliser et les capteurs fixes qui les détectent, Wifi, bluetooth, puces Rfid, GPS, etc… En résumé, quelles sont les principales différences entre ces technologies. Quelles sont selon vous les plus fiables, et quelle est celle utilisée par APITRAK ?

M. LÊ: Il faut toujours distinguer deux choses : la technique de géolocalisation et la technique de communication. Par exemple, on peut géolocaliser en GPS et transmettre l’information en Wifi.

Notre position est claire : il n’existe pas de technologie miraculeuse qui répondrait à toutes les situations. Même sans limite de prix, il y a toujours des concessions à faire. C’est pour cela qu’Apitrak dispose de plusieurs technologies et aide ses clients à sélectionner la solution la mieux adaptée.

Ayant dit cela, nous pouvons vous donner les grandes orientations technologiques.

Le Wifi est disponible partout, pas d’infrastructure particulière à prévoir, géolocalisation outdoor possible, mais consommation énergétique élevée.

Le bluetooth a le gros avantage de l’autonomie et de la miniaturisation du tag, mais nécessite la mise en place d’une infrastructure légère, onéreuse pour les hôpitaux de plus de 40 000m2 (environ).

Le RFID actif n’a que très peu d’avantage par rapport au bluetooth, nous le déconseillons.

Le RFID passif est bien adapté pour les besoins d’inventaire et de traçabilité, mais pas pour la géolocalisation.

Le GPS, lui, ne fonctionne bien qu’à l’extérieur et est très consommateur de piles.

Enfin, il y a les nouvelles technologies « bas débit » avec Sigfox, LoRa, NB-Iot, qui sont à voir comme des canaux de communication plus performants, pas comme des moyens de géolocalisation.

Vos lecteurs peuvent nous contacter pour étudier la solution la plus adaptée à leurs besoins.

AFIB : Et qu’en est-il des interférences avec les équipements biomédicaux ? Existe-t-il un risque pour notre santé ?

M. LÊ : Nous avons calculé que nos solutions de géolocalisation émettent 1 000 fois moins de puissance radio que les téléphones portables des visiteurs. Cet ordre de grandeur montre que le risque sanitaire est minime. C’est l’intermittence des émissions qui diminue drastiquement le risque : nos tags vont émettre pendant quelques secondes toutes les heures (par exemple), là où un hotspot wifi ou un smartphone émettent en continu.

En ce qui concerne les interférences, la directive CEM régule le « bon voisinage » des équipements électromagnétiques et nous respectons cette norme. Mais nous allons plus loin. Pour limiter au maximum le risque d’interférence sur les appareils sensibles (ex. échographes), nous utilisons un accéléromètre pour ne pas émettre d’ondes radio lorsque le dispositif est immobile, qui est le cas majoritaire d’utilisation.

AFIB : Monsieur Lê, vous êtes fondateur d’APITRAK, comment vous est venue cette idée ?

M.LÊ : Avant de créer Apitrak, j’étais associé dans le cabinet de conseil Adopale, spécialisé dans les organisations hospitalières. J’ai ainsi constaté les problématiques récurrentes autour de la gestion des équipements mobiles, et les gisements de performance qui en découlent. Mais il faut aussi voir que la roadmap d’Apitrak évolue constamment avec nos clients, qui sont finalement la principale source d’inspiration pour l’entreprise.

AFIB : Comment se situe votre entreprise sur son marché ?

M. LÊ: Nous prenons le parti de développer des services basés sur la géolocalisation, sans nous focaliser sur une technologie de capteurs particulière. Ce positionnement apporte deux avantages décisifs pour nos clients. D’une part, nos clients disposent d’une large gamme de capteurs, adaptés à chaque cas d’usage. D’autre part, nous consacrons nos ressources aux développements à haute valeur ajoutée : des logiciels ergonomiques et des tableaux de bord qui permettent de réaliser des gains de performance.

Enfin, nous sommes une jeune entreprise innovante française, ce qui est la garantie d’une R&D proche de ses clients.

AFIB : Comment voyez-vous le futur de la géolocalisation, les futures technologies, le développement de nouvelles utilisations ?

M. LÊ: Selon nous, l’avenir de la géolocalisation se concentre surtout sur les usages. En effet, dans les environnements hospitaliers, l’essentiel des innovations des 5-10 prochaines années va se porter sur les moyens de communication, pas sur les techniques de géolocalisation. Cela apportera des performances meilleures, par exemple un allongement de la durée de vies de batteries, mais pas de big bang sur la géolocalisation.

Par contre, les usages n’en sont qu’à leur début : l’utilisation principale reste la géolocalisation en temps réel, alors que nous avons déjà bien d’autres usages comme l’optimisation des flux, la gestion des stocks, le pilotage des achats, l’optimisation des contrats de maintenance, les alertes intelligentes, etc.

AFIB : La Rochelle, c’était votre première participation aux journées d’ingénierie biomédicale ?

M. LÊ: Oui, nous n’avions malheureusement pas pu venir à Dijon en 2017.

AFIB : Que vous ont apporté ces journées ?

M. LÊ: Beaucoup de discussions avec les ingénieurs biomédicaux, ce qui est essentiel pour qu’Apitrak puisse développer les solutions les plus proches des besoins. Et une visibilité récompensée par ce concours de startups.

AFIB : Vous reviendrez à REIMS cette année ?

M. LÊ: Bien sûr ! Et nous serons force de proposition pour présenter des retours d’expérience par nos clients ingénieurs biomédicaux.

AFIB : Mosieur Lê, merci de votre participation et encore félicitation pour l’élection d’APITRAK en tant que meilleure start-up des journées d’ingénierie 2019 !